- Béné ! Enfin, tu reviens à nous ! s'exclama Lucie.
- J... Julie... répéta-t-elle.
- Elle va bien, ne t'inquiète pas ! la calma Lucie. Manu, va vite lui trouver à boire, elle doit avoir la gorge sèche.
- D'accord ! Je préviens les autres, aussi ! répondit Manu en sortant de la chambre.
- Ah ma Béné, tu nous as fait une belle peur, tu sais ? dit Lucie à son aînée.
- Je... commença Bénédicte.
- Béné !
- Maman !
Toute la famille venait de débarquer dans la chambre, accompagnée de Samir et d'un médecin qui vérifia ses constantes. Julie bondit serrer sa mère dans ses bras. Tous allaient commencer à la presser de question quand Pierre réclama le silence.
- Si on fait trop de bruit, on va tout de suite se faire éjecter de la chambre ! Ma chérie, comment te sens-tu ? demanda Pierre.
- Bizarre... Je... J'ai soif... répondit Béné.
- Tiens, voilà à boire ! lui dit Manu en lui tendant un verre d'eau.
Après avoir bu une gorgée. Béné se tourna vers toutes ces personnes chères à son c½ur qu'elle avait failli ne pas revoir.
- Ma Julie, murmura-t-elle en serrant fort la main de sa fille.
- J'ai eu si peur, maman.
- Que s'est-il passé ?
- On a dû te faire opérer. Tu étais gravement brûlée et ton état méritait les plus grands soins. Surtout que... commença Lucie avant de s'arrêter.
- Que quoi ? demanda Béné.
- Je crois que c'est avec Samir que tu dois parler de ça, ma chérie, répondit Pierre. Les autres, venez, Béné a besoin de repos et ce n'est pas avec un tel troupeau dans sa chambre qu'elle l'obtiendra.
Tour à tour, les soeurs serrèrent Bénédicte dans leurs bras, accompagnant leur geste d'une parole réconfortante. Mamie, Pierre et Julie la prirent eux aussi longuement dans leurs bras, avant de la laisser seule en compagnie de Samir.
- Oh, Béné, quel terrible moment on vient tous de passer ! s'exclama Samir avant de poser plusieurs baisers sur sa main.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Samir ?
- Je... Nous... Tu... Tu es enceinte, Bénédicte.
- ... J'ai peine à y croire... Oh, Samir, c'est merveilleux ! Un enfant...
- Ta famille m'a fait prendre une décision difficile, que je ne regrette pas maintenant, mais que j'aurais pu regretter. Cette opération, si tu gardais l'enfant, pouvait être dangereuse pour toi. Laurent voulait que tu avortes, les autres ne disaient pas rien, mais ne devaient pas en penser moins... Je...
- Samir ! C'est la meilleure décision que tu pouvais prendre, je te promets. Ça fait des années que je veux un second enfant. Le fait qu'il soit arrivé maintenant, au si mauvais moment... C'est un signe, et rien de plus ! Je ne te remercierai jamais assez !
- Merci à toi de me permettre ce bonheur... murmura Samir.
Il la prit dans ses bras et la serra contre lui, délicatement, comme si elle était une poupée de cire. Durant de longues minutes, ils savourèrent cet instant, goûtant au bonheur d'être ensemble. C'est Samir qui rompit l'enchantement de l'instant, disant d'une voix douce :
- Tu sais, Bénédicte, ce que je t'ai demandé avant l'incendie... Je le veux toujours, plus maintenant que jamais.
- Je sais que tu le veux. Moi aussi, je veux qu'on se marie. Cela devra peut-être juste se faire plus tôt que prévu, dit-elle malicieusement. Il faut simplement attendre que le divorce soit prononcé.
- Tu ne penses pas qu'il faudrait l'annoncer à ta famille, maintenant ?
- Allons-y.
Quelque temps auparavant, alors que la famille venait de sortir de la chambre de Bénédicte et qu'ils commentaient joyeusement son réveil, Pierre se leva et partit en disant qu'il avait quelque chose à faire.
Quelques minutes plus tard, il frappa à la porte du docteur Forest.
- Docteur Forest, puis-je vous parler un instant, s'il vous plaît ?
- Bonjour docteur Mattei ! Bien sûr, entrez.
- Voilà, il m'en coûte un peu de vous dire ça, mais je suis venu vous remercier, déclara Pierre. Sans vous, Bénédicte ne s'en serait sûrement pas aussi bien sortie.
- Je n'ai fait que mon métier, répondit humblement Alexis.
- Justement, je vous ai sous-estimé. Même si vous vous retrouvez à cette place car vous êtes le fils de Max, je sais maintenant que vous la méritiez et je suis désolé d'avoir été aussi agressif à votre égard.
- Je n'ai rien fait pour améliorer nos relations, je dois bien l'avouer...
- Même si je ne travaille plus ici désormais, laissons les querelles entre votre père et moi de côté, d'accord ? proposa Pierre.
- Très bien...
- Et ce serait bien que ça vaille pour tous les membres de ma famille, ajouta Pierre.
Voyant qu'Alexis ne répondait rien, ne semblant peut-être pas comprendre le sous-entendu, il ajouta encore :
- Je sais que vous manquez à Elise, et je suis persuadé qu'elle vous manque aussi ! Vous devriez avoir une discussion avec elle !
Il y eut un silence. Puis Pierre lança une tape amicale dans le dos d'Alexis.
- Je vous laisse maintenant, j'ai une famille qui m'attend.
- Merci ... Pierre.
- Merci à vous, Alexis !
Et Pierre s'éloigna à grandes enjambées, laissant un Alexis songeur dans son bureau.
Quand il revint dans le couloir où se trouvait la chambre de Béné, Manu lui dit :
- Dis, papa, je te rappelle que l'on n'a pas de logement pour la nuit. Laurent et Julie veulent bien m'accueillir, Lucie et Tom peuvent aller chez Louis, mais toi tu vas aller où ?
- Et pourquoi pas un petit séjour chez sa maman ? demanda Mamie malicieusement
- Et bien voilà, le problème est réglé ! s'exclama Pierre
A ce moment, Samir sortit de la chambre.
- Est-ce que vous pourriez tous venir un instant, s'il vous plaît ? demanda-t-il
Tous acquiescèrent et rentrèrent dans la petite pièce. Bénédicte prit la parole, d'un ton assez faible. Elle avait beaucoup parlé, et même si elle était plus qu'heureuse, la fatigue se faisait de plus en plus ressentir.
- Voilà. Papa, Julie, Mamie, les s½urs... Samir et moi allons nous marier.
Avant toute autre interruption, elle continua :
- Je sais ce que vous pensez, ce n'est pas parce que je suis enceinte que je dois me marier, je suis encore mariée à Laurent, mais cette décision n'est pas prise uniquement en raison de ce bébé. C'est sûr qu'il faudra peut-être accélérer les choses, mais Samir était venu me demander de l'épouser ce jour-là, avant l'incendie...
- Ah, c'est pour ça que tu étais toute bizarre ! s'exclama Elise. Bon, ben, félicitations, en tous cas ! J'espère que vous nous ferez un double mariage avec Lucie et Tom, au moins !
- Elise ! s'indigna Lucie. Bravo s½urette, je suis très heureuse pour toi.
Et s'en suivirent de nombreuses autres félicitations. Béné passa à nouveau de bras en bras, tout comme Samir qui reçut également une chaleureuse poignée de main de Pierre.
Alors que celui-ci allait leur accorder ses félicitations, son portable se mit à sonner.
- Allô ? Oui Agathe. ... Oui, Béné s'est réveillée il y a une petite heure, elle va très bien, merci. ... Si je peux passer maintenant au commissariat ? Très bien, j'arrive.
Il raccrocha.
- Bon, ben les enfants, il va falloir que j'y aille, dit-il. Toutes mes félicitations à tous les deux !
Et il sortit de la chambre.
- Je vais aller voir Tom, annonça Lucie en sortant à son tour.
Peu à peu, les Mattei sortirent, ne laissant plus dans la chambre que Julie, sa mère et Samir.
- Tu ne m'en veux pas trop de me marier avec Samir, ma chérie ? demanda Béné à Julie d'un ton inquiet.
- Il y a quelques semaines, je t'en aurais voulu à mort, maman. Mais ça va aller, même si j'aurais préféré te voir rester avec papa, Samir est un type bien.
- Merci, Julie, dirent les futurs époux en c½ur.
Quelques mètres plus loin, Lucie entrait rapidement dans la chambre de Tom.
- Bénédicte s'est réveillée ! dit-elle, répondant à sa question muette.
Avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit d'autre qu'un soupir de soulagement, elle continua :
- Ecoute, Tom, je sais que je t'ai dit que je prendrais une décision nous concernant quand Béné serait réveillée. Mais le fait, est que c'est le cahot total dans ma tête, il faut que je réfléchisse encore un peu...
- Je t'attendrai, Lucie, tout comme je t'ai déjà attendu. Je crois en nous, dit-il avec conviction.
Lucie déposa un baiser sur sa joue, avant de ressortir de la chambre.
Quand Pierre arriva au commissariat, il fut très vite redirigé vers le bureau d'Agathe.
- Bonjour Pierre, dit-elle.
- Bonjour Agathe, quelle est la raison de cette subite convocation ? demanda-t-il
- Cela concerne l'incendie de votre maison. J'aurais dû vous faire prévenir plus tôt, mais avec Bénédicte en danger de mort, j'ai pensé que vous aviez assez de soucis en tête.
- Qu'y a-t-il ?
- Pierre, cet incendie n'est pas une malheureuse coïncidence, quelqu'un a mis de l'essence dans votre maison et y a mis le feu.
- Oh mon Dieu... murmura Pierre, horrifié.
- Il faudrait que vous nous disiez qui pourrait avoir fait ça. Outre mon père, ajouta-t-elle rapidement.
- Il y a bien ce type que ma famille avait invité, un certain Docka...
- Docka ? Docka comment ?
- Je n'en sais rien, il faudrait demander à Manu, pour ça.
- Je le ferai !
- Je peux y aller, alors ? demanda Pierre.
- Bien sûr, je vous convoquerai ultérieurement.
Alors que Pierre avançait à grande enjambées vers la porte, il commença à vaciller, puis s'effondra par terre. Agathe courut, effrayée, vers lui. Elle se pencha, prit son pouls, essaya de le faire reprendre conscience, mais rien n'y fit.
- Pierre ? Pierre ? Vous m'entendez ? Hey ! APPELEZ LE SAMU !