Oº°' Bienvenue '°ºO

Cinq Soeurs, la fanfiction!


Bienvenue sur ce skyblog consacré à une fanfiction-suite de la série Cinq Soeurs, diffusée sur FR2, avant d'être brusquement interrompue pour cause d'audience insuffisante.

Restant sur notre faim, comme beaucoup d'entre vous, nous avons créé cette fanfiction pour pouvoir donner à la série une fin comme elle l'aurait méritée.

N'oubliez pas les commentaires, ça fait tellement plaisir et nous permet de voir ce que vous pensez réellement de ce qu'on écrit!

Bonne lecture!!

Pauline & Chachouw


Pour une plus grande facilité de lecture, le blog est inversé. Les plus anciens articles au début, les plus récents à la fin.



"Informations"

- Merci, merci et encore merci pour les commentaires, ça fait chaud au coeur et nous pousse à avancer =)

- Message de Chachouw: Bon ben les gens, c'est ici que je vous laisse. Je m'en vais pour une seconde rhéto (terminale pour vous, Français) en Italie! Bien sûr, je me connecterai encore parfois sur Internet, mais moins souvent, c'est sûr. Je n'aurai donc pas le temps de continuer cette fic que je laisse entre les mains expertes de Pauline, qui va déjà devoir terminer le chapitre que j'ai commencé, mais pas fini... Je suis sûre que la fic continuera toujours à vous plaire, il n'y aucun problème de ce côté là :P
A la prochaine!!!

- Message de Pauline : Coucou à tous. Décidément pas de bol avec la fic, je l'ai écrite vendredi dernier mais depuis internet ne fait que bugger et je n'arrives pas à la poster :(. Je ressaierai demain en croisant les doigt pour que ça marche. Tout ceux qui veulent être prévenus si j'y arrive me laissent un com.

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 18:55

Modifié le mardi 16 décembre 2008 15:38

Chapitre 1 - par Pauline et Chachouw -

Chapitre 1  - par Pauline et Chachouw -
Une dernière remise en situation à partir de la réelle scène finale de Cinq Soeurs.

Lucie et Tom sont à une fenêtre de la maison en feu, Lucie hurle après son père.

A une autre fenêtre, se trouvent Béné et Elise. Bénédicte appelle Julie.

Dans le jardin, Julie est dans les bras de mamie, Manu est retenue par Docka, alors que Pierre veut foncer à l'intérieur de la maison.




Pierre allait pénétrer dans la maison toujours en proie aux flammes, Laurent le suivant, quand une poutre en feu s'écroula juste devant eux. Ils n'eurent pas d'autre possibilité que de faire demi-tour, se sentant totalement impuissants. Entretemps, les cris de Lucie et Béné s'étaient arrêtés. Toute la famille fixait la maison avec angoisse quand, enfin, les pompiers arrivèrent.

Alors que la majorité des « hommes du feu » commençait à éteindre le feu, quelques hommes bien équipés s'engouffrèrent dans la maison embrasée.

Au bout de quelques minutes, l'un d'eux sortit en portant Béné dans ses bras, cette dernière était enroulée dans une couverture de survie, inconsciente. Elise les suivait, elle aussi bien protégée, elle ne semblait pas blessée, si ce n'est quelques brûlures. D'autres pompiers les suivaient également.

Pierre s'avança vers eux, paniqué, suivi de près par un Laurent très pâle :

- Comment elle va? Elle respire?

- Je sais pas..., commença Elise, je... on était en train de discuter, puis le feu s'est déclaré et on s'est retrouvées coincées. Et là, Béné a commencé à avoir des vertiges... On s'est dirigées vers la fenêtre, mais on a vite dû faire demi-tour et elle tombée dans les pommes. Il y avait de la fumée partout, j'y voyais rien... je...

- Elle vit toujours ! déclara Pierre qui s'était précipité sur sa fille pour prendre son pouls.

- On l'emmène à votre clinique, docteur, déclarèrent les secouristes en poussant gentiment Pierre vers le côté, avant d'embarquer Bénédicte dans l'ambulance.

Alors que Julie accourait, Laurent et elle montant dans l'ambulance, le soulagement qui s'était fait ressentir au moment de la sortie de Béné et Elise fit place à une sourde inquiétude
:

- Mais et Lucie et Tom, ils sont où ? demanda Manu, la voix tremblante.

- Quoi ? Il y en a encore des gens à l'intérieur ? Vite, allez-y ! ordonna le chef pompier à ses hommes.

Tandis que les pompiers retournaient dans le brasier, le reste de la famille regardaient la scène en silence, chacun espérant que Lucie et Tom s'en tireraient. Après de longue minutes d'angoisse, ils réapparurent, Lucie et Tom à leur côté, vacillant quelque peu, mais toujours bien conscients.

- Oh ma chérie, dit Pierre dans un soupir de soulagement. Dieu merci tu n'as rien.

- Il faut emmener Thomas à la clinique, déclara Lucie. Le plafond s'est affaissé. Tom m'a protégé mais il a reçut un grand choc sur la tête, il faut qu'il fasse des examens.

- Lucie c'est pas la peine, je suis juste un peu sonné, protesta Tom.

- Il faut ne pas prendre de risques, dit Pierre. De toute façon, il faut qu'on aille à la clinique pour rejoindre Béné, alors...

- Alors on y va, le coupa Lucie.

Pendant que le reste de la famille regagner la clinique, les pompiers tentaient tant bien que mal de maîtriser le feu.



Quand la famille Mattei débarqua à la clinique Forest, un troupeau de membres du personnel accourut vers eux. Une infirmière prit la parole :

- On a emmené votre fille en soin intensifs, les médecins doivent cependant lui faire beaucoup d'examens...

- Comment va-t-elle ? Ses jours sont-ils en danger ? demanda Pierre

- On ne peut pas encore se prononcer pour l'instant, je suis désolée docteur...

Une autre infirmière s'adressa aux Mattei :

- Je vais vous amener auprès d'elle.

- Merci, mais il y a encore quelques jours, cette clinique était la mienne, je sais encore où se trouvent les soins intensifs ! répondit Pierre sèchement.

Et il partit à grande foulée en direction desdits soins intensifs, sa mère et ses descendants derrière lui.

Arrivés à destination, ils s'apprêtaient à tous rentrer dans la pièce quand Laurent en sortit, les en empêchant :

- Personne ne rentre pour l'instant, on l'examine.

- Laurent, laisse-moi passer, dit Pierre calmement, d'un ton qui n'admettait aucune réplique.

Laurent s'écarta du passage, puis se tourna vers les autres :

- Maintenant plus personne ne rentre. Manu, dit-il en se tournant vers sa belle-s½ur, peux-tu aller voir où est Julie, ça fait quelque temps qu'elle est partie, je me demande où...

- D'accord, j'y vais, déclara la plus jeune des s½urs Mattei.

Alors qu'Elise allait demander des nouvelles de sa s½ur à Laurent, Thomas s'écroula par terre.

Lucie se mit à genoux à côté de lui et tenta de le réveiller.

- Tom !! Tom !!!

Très vite, l'affolement laissa place à ses réflexes de médecin. Elle prit la situation en main et Tom fut transporté dans une chambre où elle s'assura de son état. Elle préconisa tous les examens nécessaires à l'infirmière en service.

Une fois que celui-ci fut emmené pour un scan, elle s'effondra sur une chaise.

Une fois de plus, Tom lui avait sauvé la vie.

Elle repensa à ce soir où il était revenu de son entretien pour le job de voiturier, il semblait avoir voulu lui dire quelque chose. Mais elle ne l'avait pas laissé finir. Et si c'était elle qui l'avait empêché de lui dire la vérité ?

Mais quand bien même, il a eu bien d'autres occasions d'avouer qu'il n'avait pas été engagé par la suite, et jamais il n'en avait profité... De plus, ça ne l'excusait pas d'avoir recommencé à traîner avec des types louches.

Mais il avait dû faire ça pour elle, malgré tout...

Lucie était perdue...



Dans une autre aile de la clinique, les médecins avaient fini d'examiner Bénédicte.

Fou d'inquiétude, Laurent se jeta sur le jeune interne qui tenait entre ses mains les résultats de sa presque ex-femme.

- Alors qu'est-ce qu'elle a? s'exclama-t-il. Elle va s'en tirer? Elle va avoir besoin d'une opération ?

- Écoutez Dr. Delbart. L'état de votre femme est sérieux. Elle souffre de nombreuses brûlures sur diverses parties de son corps et ses chances de survies sont minces.

- Comment ça « minces »? s'emporta Laurent. Les brûlures, ça relèvent bien de la chirurgie esthétique, non? L'autre guignol il est pas réputé pour être un grrrand chirurgien? cria-t-il en agitant les bras.

- Dr. Delbart, commença l'interne, les choses sont beaucoup plus compliquées que ça...

- Compliquées pourquoi? Parce que c'est une Mattei, c'est ça? Non mais c'est du grand n'importe quoi! J'exige que ma femme soit transportée en salle d'op' sur le champ!

- Dr. Delbart vous devriez lire le reste de ses résultats, dit le jeune médecin en lui tendant la feuille.

Dès que son regard se posa sur la feuille, il blêmit. Ce n'était pas possible... Plus de 10 ans qu'ils essayaient en vain, et c'est maintenant que...

Laurent se rappela que l'interne était toujours avec lui.

- Pas un mot de tout ça à quiconque, lui dit-il. Même pas à Pierre. C'est compris? Je m'en chargerai.

- Très bien docteur.

Alors que l'interne allait s'éloigner, les « bip » réguliers des battements de c½ur de Béné laissèrent place à un son prolongé : son c½ur ne battait plus.

Laurent rentra à toute allure dans la chambre, suivi de près par l'interne et il commença lui-même à lui faire un massage, s'interrompant de temps en temps pour envoyer des chocs électriques à son c½ur.

L'énergie électrique infligée au c½ur de Béné était de plus en plus élevée. Ça faisait à présent trois minutes que son c½ur avait cessé de battre.

Dans le couloir, mamie se répétait dans la tête ce qu'elle avait vu dans les cartes « une des s½urs va mourir... ». Alors qu'elle arrivait à la conclusion que c'était Béné, des exclamations de joies filtrèrent de la chambre. Son c½ur avait recommencé à battre !

Physiquement, Béné était morte pendant trois minutes... Se pourrait-il que ça soit juste ça ? Que les cartes aient prévu une mort qui ne devait juste pas durer ? Mamie se mit à prier pour que ça soit le cas.

Ce fut au tour de Pierre d'intervenir. Il s'adressa à Laurent :

- Alors ? Mais qu'est-ce qu'elle a ?

- Ecoutez, Pierre, pour l'instant, nous ne divulguerons aucune information...

- Mais c'est ma fille !

- Et c'est ma femme !

- Techniquement, Laurent, l'interrompit Elise qui semblait très énervée, Béné n'est plus ta femme, votre divorce est bientôt prononcé. Ce serait plutôt à Samir de... MERDE !

Elle partit en courant. Personne n'avait prévenu Samir, évidemment ! Et elle comme une grosse idiote qui n'y pensait même pas ! Il était venu voir Béné, et vu l'air qu'elle avait alors qu'il partait, Elise était persuadée que quelque chose d'important avait été conclu entre eux.

Arrivée à l'accueil, elle demanda un annuaire téléphonique et chercha le numéro de la Palmeraie. Après quoi, elle alla dans un endroit plus calme et composa le numéro.

- Allo ? Samir ? C'est Elise, la s½ur de Béné. Il faut que tu viennes tout de suite à la clinique. Il y a eu un incendie à la maison et... Non, Béné ne va pas bien, dit-elle la voix enrouée, il faut que tu viennes...

Et elle raccrocha.

Elle s'appuya contre le mur et revécut ces dernières heures. Si elle n'avait pas empêché Béné de sortir pour la cuisiner, cette dernière ne serait pas entre la vie et la mort, en ce moment...

Tout était entièrement de sa faute.

Et David, qu'elle avait traité comme un moins que rien...

Et puis, il y avait Alexis, qu'elle n'arrivait pas à oublier, malgré tout le mal qu'elle se donnait...

Elle se laissa glisser par terre et, assise en indienne, la tête dans les mains, elle se mit à pleurer, pleurer comme elle ne l'avait plus fait depuis des années, silencieusement, mais sans pouvoir empêcher les larmes de couler.

C'est ainsi qu'il la trouva.

- Elise ?

Elise releva la tête, les yeux brillants de larmes. Il ne manquait plus que ça...

- Alexis...

# Posté le dimanche 06 juillet 2008 14:04

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 08:43

Chapitre 2 - par Chachouw -

Chapitre 2   - par Chachouw -
Alexis...

- Ça ne va pas ?



Elise releva la tête, les yeux encore emplis de larmes, elle était dans un état qu'elle n'avait jamais laissé entrevoir à personne, pas même à David ou à ses s½urs. Elle lui lança avec une sorte de rage dont elle n'était pas consciente :



- Oh si ! Tout va merveilleusement bien ! Je viens d'échapper à la mort dans la maison où j'ai vécu toute mon enfance qui a été réduite en cendres, et je me retrouve ici avec ma s½ur dans un état horrible dont on ne sait encore aucun détail, état dans lequel elle est par ma faute, vu que c'est moi qui l'ai empêché de sortir au moment où elle l'a voulu ! Alors, en plus, mon futur beau-frère doit passer des examens car il a reçu un choc sur la tête, je viens de téléphoner au mec de ma s½ur avec qui elle vit même si son divorce n'est pas encore prononcé, et j'ai réussi à trouver le moment de faire le bilan de ma vie pour me rendre compte que je n'aurais pas vraiment quitté grand-chose. Et voilà que pour couronner le tout, je me retrouve face à toi ! Que pourrais-je espérer de mieux, hein ?



Elle avait débité son discours, d'une traite, regardant dans le vide, et ne laissant aucune chance à Alexis de l'interrompre. Ce dernier semblait quelque peu soufflé par ce discours qui en disait long sur l'état de fragilité dans lequel était Elise pour l'instant. Ne sachant pas comment reprendre la parole, il décida de parler médecine :



- Ta s½ur s'en sortira Elise. J'y veillerai personnellement, lui promit-il.

- Tu dis ça, mais tu n'as même pas encore lu son dossier. Un grand médecin, lui rétorqua la jolie blonde avec sarcasme, malgré sa tristesse.

- Je vais le faire ! Mais si c'était si grave, ne crois-tu pas que tout se déroulerait bien plus vite ?

- Je sais pas... Je sais plus...



Il semblait qu'Alexis trouvait les bons mots pour la calmer, elle ne pleurait plus à présent. Elle se sentait même étrangement calme.



Après un silence, il ajouta d'un ton rassurant:



- Ça va aller, Elise, je sauverai ta s½ur !

- De toute façon, tous les problèmes de Béné n'auraient jamais été si on était sorties quand elle l'avait voulu. C'est entièrement ma faute !

- Tu l'as empêchée de sortir pendant l'incendie ?

- Mais non ! Je sais bien que je suis méchante, mais pas à ce point ! On discutait dans la cuisine avant l'incendie, et elle a voulu sortir à un moment, mais je l'ai empêchée, je voulais encore la cuisiner à propos de Samir, son mec ! On était dans la bonne pièce pour ça après tout... acheva-t-elle tristement.

- Mais enfin, Elise ! Comment aurais-tu pu savoir ce qui allait se passer !

- Si je l'avais laissé sortir, on n'aurait pas été à l'intérieur...

- Mais avec des « si » on met Paris en bouteille ! s'exclama Alexis.

- ...

- Ecoute-moi bien. Tu-ne-pouvais-pas-savoir ! déclara-t-il en séparant chaque mot.



Il y eut un silence. Alexis se redressa.



- Bon, il faut que j'aille voir le dossier de ta s½ur, je vais m'occuper de ça le plus vite possible !



Et alors qu'il s'éloignait, Elise l'interpella :



- Alexis, attends !



Il se retourna.



- Merci..., murmura-t-elle, merci de m'avoir écoutée.



Il lui sourit, puis partit en direction de la chambre de l'aîné des s½urs Mattei.





_________





On ramena Tom de son scan, il était suivi par Vincent qui s'était occupé des examens.

Lucie se releva.



- Ne t'inquiète pas, Lucie, tout va bien pour lui, la rassura-t-il avant qu'elle ne pose la question. Une commotion, mais rien de cassé !



Lucie soupira de soulagement et se laissa tomber dans le fauteuil sur lequel elle était assise avant qu'on ne ramène Tom.



- Merci beaucoup Vincent.

- Vous pourrez bientôt sortir, dit-il à Tom, mais d'ici là calme et obscurité ! Rien de tel pour soigner une commotion.

- Bien docteur, répondit Tom docilement.



Il était pourtant évident qu'à la moindre occasion, il se rebellerait. On ne changeait pas un Tom en quelques examens médicaux.



Dès que Vincent fut sorti, il se tourna vers Lucie :



- Comment vont les autres ? Béné ?

- On ne sait pas encore, répondit la brunette, je ne sais même pas pourquoi, d'ailleurs. D'habitude ça va plus vite, je crois qu'on nous cache quelque chose...



Ils se turent tous les deux. La tension dans l'air était palpable. C'est Tom qui rompit le silence :



- Lucie, je suis désolé. Je n'aurais pas du reprendre ces activités, je le sais. Je ne savais plus quoi faire. J'ai voulu te le dire le soir où je n'ai pas obtenu ce job, mais ta joie de me voir travailler m'a totalement coupé dans mon élan, je...

- Tom... commença Lucie.

- Non, laisse-moi finir. Je crois que j'ai choisi, trop vite, la solution de facilité. Je me suis bien vite rendu compte qu'avec mon casier, je ne trouverais vraiment pas facilement un travail convenable, et puis j'ai rencontré J-B. Oh, au début, je l'ai évité, mais peu à peu, l'idée s'est faite dans mon esprit que c'était la seule solution. Si tu savais comme je suis désolé... termina-t-il



Il y eut de nouveau un blanc.



- Tu sais, je m'attendais à une explication comme ça. Je te connais tellement... Mais je ne sais vraiment plus où j'en suis, j'ai l'impression d'être trahie, de ne plus pouvoir te faire confiance...

- Je ne recommencerai plus, Lucie, déclara-t-il en la regardant dans les yeux.

- Oh Tom, je voudrais te croire, vraiment... Je... Pour l'instant, ma priorité, c'est Béné, tu comprends ? Je ne saurais pas penser à nous, tant que je n'en sais pas plus sur ce qui va se passer pour elle. Tu comprends ?

- Bien sûr, c'est normal...

- Je vais voir s'il y a du nouveau ! dit-elle en se relevant.

- Préviens-moi quand tu en sais plus...



Et alors qu'elle allait sortir de la chambre, elle se retourna.



- Merci Tom. Merci de m'avoir sauvée la vie. Encore une fois...



Et elle s'en alla.



_________





Samir arriva très vite à la clinique. Il se dirigea vers l'accueil qui lui renseigna la chambre de Bénédicte, lui précisant que pour l'instant personne ne pouvait lui rendre visite, pas même sa famille.


N'écoutant que très peu ce qu'on lui dit, Samir partit dans la direction indiquée.



Quand il arriva, ce fut pour tomber face à une armée de Mattei. Ce n'était pas dans ces circonstances qu'il avait prévu de les rencontrer.



Il s'adressa à Elise, une des seules têtes qu'il reconnaissait avec celle de Julie :



- Comment va-t-elle ?

- On n'en sait toujours pas plus...

- Qui êtes-vous ? demanda Pierre, un peu perturbé par cette arrivée subite.

- Je... commença Samir.

- Papa, je te présente Samir, le compagnon de Béné, l'interrompit Elise. Samir, je te présente mon père, Pierre Mattei.

- Le comp... C'est vrai que Béné avait quelqu'un, je l'oubliais... Et bien, enchanté, Samir, dit Pierre qui, visiblement, était prêt à tout accepter.

- Moi de même, monsieur, répondit Samir immédiatement.



Alors que Pierre allait engager la conversation, une voix furieuse se fit entendre à l'autre bout du couloir :



- TOI !!! Qu'est-ce que tu fous là ?



Laurent arrivait. Avant que quiconque ait eu le temps de réagir, c'est Julie qui prit la parole :



- Papa, maman voudrait qu'il soit là.

- Julie, ne te mêle pas de ça ! s'énerva Laurent.

- J'ai réussi à accepter que vous divorciez, papa, rétorqua calmement Julie. A toi maintenant de l'accepter et d'accepter que maman ait le droit d'aimer quelqu'un d'autre.



Encore une fois, personne ne dit mot. Et ce fut Mamie qui interrompit ce silence pesant :



- Tu as des nouvelles de notre Béné, Laurent ?

- Il va falloir l'opérer, je venais vous l'annoncer, c'est Alexis Forest qui va s'occuper d'elle.

- Je refuse qu'un Forest touche ma petite fille ! lança Pierre.

- Papa, Alexis est un très bon médecin, on peut lui faire confiance, j'en suis sûre, déclara Elise.

- Je... Non !

- Papa !!!!! s'exclamèrent toutes les Mattei présentes.

- Bon, bon, très bien... Je me soumets...



Laurent partit donc à grandes enjambées vers le bureau d'Alexis.



- Ah, Dr Delbart ! C'est toi qui a le dossier de Bénédicte Mat...

- Delbart !

- Mattei, vous êtes presque divorcés !

- Deuxième fois qu'on me lance ça à la figure de la journée, merci Dr Forest.

- Là n'est pas la question. Qu'a décidé la famille ?

- On sauve Béné, tant pis pour le bébé.

- Qui a pris cette décision ?

- Je... C'est moi.

- Laurent, tu n'as toujours pas annoncé à ta future ex belle-famille qu'elle était enceinte ?

- C'est ma femme !

- Plus pour très longtemps.

- J'ai encore tous les droits sur elle.

- Pas autant que sa famille ! Bon, tu veux que j'aille les trouver à ta place ?

- Personne n'ira les trouver !

- Oh que si ! Et si tu n'es pas sorti de mon bureau dans trente secondes pour aller leur déclarer que l'opération qu'on projette de faire à Bénédicte MATTEI risque de coûter la vie à son bébé, je peux t'assurer que j'irai le faire moi-même !!



Laurent sortit du bureau du directeur médical, furieux. Il arriva très vite devant les soins intensifs, se plaça devant Samir et lui cracha à la figure :



- Tu as mis ma femme enceinte !



Pierre, ses filles, mamie, Julie étaient choqués. Quand à Samir, il sourit.



- Garder l'enfant pourrait compromettre ses chances de survie.



Tout sourire s'effaça du visage du jeune hôtelier.



- Il y a moyen d'adapter l'opération, mais c'est sa famille qui doit décider, déclara Laurent en insistant bien sur le mot « famille ».



Samir se laissa tomber sur la chaise la plus proche et mit sa tête dans ses mains. Tout le monde était tourné vers lui. Après quelques instants, il releva la tête :



- Je crois que Bénédicte voudrait garder le bébé...

- Hé ! Mais attendez, ce n'est pas à lui de décider ! s'énerva Laurent. Si vous décidez de garder le gosse, l'opération est beaucoup plus dangereuse !! Ce serait irresponsable ! De toute façon, je refuse que Béné meure à cause d'un sale petit bâtard !

- Laurent ! Comme on semble te l'avoir dit, ce n'est pas à toi de décider ! Et si ça avait été ton enfant, tu aurais réagi tout autrement, j'en suis sûr ! le réprimanda Pierre avant de se tourner vers Samir : C'est à vous de prendre cette décision. Vous devez être conscient des risques qu'engendre cette opération.



Toute la famille Mattei, qui jusque là s'était tue, commença à lui dire ce qu'elle en pensait, ce qu'il devait faire :



- C'est trop dangereux, refuse Samir !

- Vous ferez des enfants quand elle sera sortie d'affaire !

- Vous avez encore la vie devant vous, même sans enfant !

- C'est à lui seul de décider, les filles ! les interrompit Mamie.

- ... Je reviens ! dit Samir avant de partir à grandes foulées.



Dix minutes plus tard, il revint, le visage fermé.



- J'ai pris ma décision...


# Posté le mercredi 09 juillet 2008 03:56

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 08:42

Chapitre 3 - par Pauline -

Chapitre 3   - par Pauline -
- J'ai pris ma décision...

Toute la famille Mattei retenait son souffle, Julie regardait Samir d'un air implorant et Laurent détournait la tête.

- Je veux qu'on les sauve tous les deux, reprit Samir, Béné et le bébé. Je pense que c'est ce qu'elle aurait voulu, dit-il en regardant Julie.

- Mais qu'est que t'en sais si c'est-ce qu'elle aurait voulu? s'emporta Laurent. Tu n'en sais rien! De toute manière ce n'est pas à toi de décider!

- Laurent, l'interrompit Pierre, j'ai dit que c'était à Samir de prendre cette décision. Vous êtes sur de vous? demanda-t-il à Samir.

- Oui.

- Très bien, reprit Pierre. Laurent, tu pourrais aller annoncer la nouvelle au docteur Forest?

- J'y vais, dit-il en lançant un regard mauvais à Samir.

Laurent partit en direction du bureau d'Alexis.

- Alors, demanda ce dernier, que décident-ils?

- Ils veulent garder le bébé, mais je continue de penser qu'on devrait...

- Ce que tu penses ne m'intéresse pas. La famille de Bénédicte a prit sa décision, nous devons la respecter, et j'espère que tu feras tout ton possible pour que tout se passe bien, ajouta-t-il.

- Qu'est-ce que ça veut dire?

- Qu'étant donné l'état de santé de Béné et compte tenu des risques que présente l'opération, il va de soit qu'un obstétricien surveille le bébé durant l'opération et se tienne prêt à intervenir si besoin.

- Et, bien sûr, cet obstétricien, c'est moi.

- Tu es le meilleur et je tiens à ce que Mademoiselle Mattei reçoive les meilleurs soins possibles, dit fermement Alexis.

- Pas question! répliqua Laurent. Je refuse de...

- Malheureusement pour toi, c'est moi qui suis à la tête de cette clinique, coupa Alexis. C'est moi qui décide qui opère ou pas.

- Alors je n'ai pas mon mot à dire?

- Non. Et je suis vraiment désolé de t'imposer ça, dit-il après un moment.

Et tout deux allèrent se préparer pour l'opération.

Alors que Béné était au bloc, le reste de famille s'était regroupé dans la salle d'attente, espérant avoir des nouvelles de l'aînée des Mattei, bien qu'il fût trop tôt pour qu'ils puissent en obtenir.

Assise à coté de Manu, Julie s'angoissait.

- Et si elle ne s'en sortait pas? demanda-t-elle d'une petite voix.

- Elle va s'en sortir, t'inquiète pas, la rassura Manu.

Voyant que ses paroles n'avaient aucun effet sur sa nièce, Manu reprit :

- Écoutes, Alexis Forest c'est un médecin hyper balèze, venu tout droit des Etats-Unis, ok? Il a fait de super études, a reçu j'sais pas quel prix très important, il sait ce qu'il fait, d'accord?

- D'accord.... Et sinon, c'était quoi ce truc que tu voulais nous annoncer? demanda-t-elle en essayant de changer de sujet.

- Oh et bien... Je voulais leur dire pour Katia tu sais... leur dire que j'aime les femmes. Mais bon, avec Béné qui est en train de se faire opérer, et son bébé qui diminue ses chances de survie... je leur dirai plus tard.

- Quand maman sera tirée d'affaire, dit lentement Julie.

- Oui... parce qu'elle va être tirée d'affaire, ajouta-t-elle précipitamment.

Pendant ce temps, mamie s'inquiétait pour Béné.
Elle continuait de croire que la mort annoncée par les cartes n'était que temporaire. Il le fallait.
Bénédicte s'en tirerait, elle le sentait. Mais... et Léa?
Avec toute cette histoire, tout le monde avait oublié, d'une part le danger qu'elle courait, d'autre celui que courait sa s½ur.

Elle composa son numéro sur son portable et attendit que Léa décroche.

- Allo Léa? Tu vas bien? l'interrogea-t-elle avant que sa petite fille n'ait pu dire un mot.

- Oui je vais bien. On a réussi à échapper à la tempête, on est encore sur le port.

- Dieu merci, s'écria mamie. J'ai eu si peur.

- Plus la peine de t'inquiéter je vais bien, lui dit Léa. Tu pourrais me passer Manu s'il te plait, Je voudrais encore la féliciter pour son bac.

- Je crois pas qu'elle soit d'humeur à recevoir des félicitations en ce moment.

- Pourquoi? Qu'est-ce qui se passe? Il y a un problème?

Mamie hésitait à lui apprendre la vérité. Si elle le faisait, Léa reviendrait aussitôt les rejoindre au chevet de Béné, et si cette dernière s'en sortait, Léa se serait fait du souci pour rien.
Mais c'était sa s½ur, et elle avait le droit de savoir.

- Il s'est passé une chose terrible, lui répondit mamie.

Et elle raconta tout à Léa.

Une dizaine d'heures plus tard, Léa déboula dans la clinique Forest.

Paniquée, elle se rua vers sa jumelle.

- Comment elle va? Les médecins ont dit quoi? Si tu savais le choc que j'ai eu quand mamie m'a annoncé la nouvelle... Et toi comment tu vas? Je sais que t'étais dans la maison quand...

- Je vais bien, dit-elle en interrompant le flot de question qui s'échappait de la bouche de sa s½ur. Quant à Béné elle est sortie du bloc il y a une heure. L'opération s'est plutôt bien déroulée et elle respire toute seule mais Alexis préfère ne pas se prononcer sur son état...

- Alexis? C'est un nouveau médecin? Et pourquoi tu l'appelle par son prénom? s'étonna Léa.

- Sur son état ou sur celui de son bébé, acheva Elise.

- Son quoi? Béné et Laurent vont avoir un bébé?

- Mais non, ils vont divorcer! C'est Samir le père.

- Béné divorce? demanda Léa incrédule. Et Béné a déjà quelqu'un d'autre dans sa vie? J'en ai loupé beaucoup des comme ça?

- Quelques une oui, dit Elise dans un sourire.

Après tout, à part attendre, ils ne pouvaient rien à faire. Alors autant en profiter pour mettre Léa au courant des événements de ces dernières semaines.


Au commissariat, Berthier était en train de lire un rapport.

Agathe entra :
- Bonjour, c'est le rapport sur l'incendie de la maison Mattei? demanda-t-elle en désignant le document que son collègue tenait entre les mains.

- Oui... Dis donc, tu as une idée de gens qui pourraient en vouloir aux Mattei?

- Ben... mon père, avoua-t-elle. Et le fils Mattei, mais, lui, il a pris la fuite il y a un moment déjà. Pourquoi?

- Lis ça, dit-il en lui donnant le rapport.

Agathe avait l'air perturbée.

- C'est sérieux, demanda-t-elle. L'incendie est vraiment d'origine criminelle?

- Vu la quantité d'essence déversée dans le salon, y aucun doute. Tu t'occupes de leur dire?

- Pas tout de suite. Une des filles n'est pas sûre de s'en tirer, dit-elle en se rappelant ce que Lucie lui avait dit. Je préfère les ménager pour l'instant.

- Ne tarde pas trop quand même. Plus on attend, moins on a de chances de coincer celui qui a fait ça.

- Pas de soucis, j'attends juste encore un peu.


A la clinique, Manu venait d'entrer dans la chambre de Tom.

- Alors comment ça va? lui demanda-t-elle.

- Ça va, juste un peu sonné. Et Béné?

- Elle a survécu à l'opération ce qui est déjà pas mal, mais les médecins attendent son réveil pour se prononcer. Mais tu le savais déjà, Lucie a dû te le dire depuis une heure non?

- Non, la dernière fois que le l'ai vue c'était il y a plus de dix heures. Elle voulait attendre de savoir comment irait Béné.

- Et attendre pour quoi au juste?

- C'est compliqué, elle à besoin de réfléchir.

- Réfléchir à quoi? Sa robe de mariée? plaisanta Manu.

- Pas vraiment non. Mais laisse tomber c'est rien.

- D'accord... Bon tu m'excuses, mais faut que j'aille voir Béné. Tu te remets vite!

- T'inquiète pas.

Tandis que sa futur belle-s½ur, du moins il l'espérait, sortait de la pièce, Tom s'interrogeait.
C'est vrai que Béné n'était pas totalement hors de danger, mais les nouvelles que venait de lui apporter Manu étaient plutôt rassurantes.
Alors pourquoi Lucie n'était-elle pas venue le voir? Il espérait simplement qu'elle ne cherchait pas à l'éviter.

Manu venait de se glisser dans la chambre de Béné.
Le visage de celle-ci ne gardait que quelques traces de brûlure, on avait l'impression qu'elle dormait.
Même si ce n'était qu'une apparence cette vision paisible rassura Manu.

Elle jeta un coup d'½il dans le reste de la pièce. Lucie était endormie sur une chaise, à côté de sa s½ur. C'est vrai qu'il était une heure du matin.
Manu s'approcha d'elle et la secoua par le bras.

- J'espère que t'es là en tant que s½ur de la patiente et pas en tant que médecin, la taquina-t-elle, sinon les autres malades ont du souci à se faire.

- Malheureusement, cette fois je suis la famille du patient, dit-elle dans un bâillement. T'es la depuis longtemps?

- Je viens d'arriver. J'étais avec Tom. Tu sais Tom, l'homme dont tu es folle amoureuse.

- J'ai pas envie d'en parler pour l'instant.

- C'est votre problème? Hier matin, vous étiez parfaitement heureux et là tu ne vas même t'assurer qu'il va bien.

- Je suis allée le voir, protesta Lucie

- Oui, une fois, répliqua Manu.

- De manière ce n'est pas le moment de parler de ça, dit Lucie en désignant Béné.

- Très bien.

Après un blanc, Manu revient à la charge.

- Allez, dis-moi ce qui s'est passé, tu te sentiras mieux après, tu verras.

Lucie regarda sa cadette pendant un moment, puis décida de tout lui dire, de toute manière, la situation ne pouvait être pire.

- Ok, tu te souviens quand tu disais que Tom resterait toujours Tom. Ben t'avais raison.

- Comment ça?

- Thomas n'a jamais été embauché comme voiturier, et comme si ça ne lui suffisait pas de me mentir, il a recommencé à faire des combines avec de « vieilles connaissances ».

- Tu veux dire qu'il recommence à faire des conneries?

- C'est ça.

- Et alors tu lui as parlé? Il t'a dit quoi?

- Qu'il était désolé, qu'il ne savait plus quoi faire, qu'il ne recommencerait plus.

- Et tu ne le crois pas.

- Si je le crois, c'est juste que je ne sais plus si je peux lui faire confiance.

- Alors tu va faire quoi?

- Je sais pas, je crois que je vais...

- Julie... dit lentement une voix, Julie...

Lucie et Manu se tournèrent vers leur s½ur.

- Béné? Béné tu nous entends ? lui demandèrent-elle.

Puis les deux s½urs restèrent bouche bée. Béné venait d'ouvrir les yeux...

# Posté le lundi 14 juillet 2008 14:06

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 11:12

Chapitre 4 - par Chachouw

Chapitre 4 - par Chachouw

- Béné ! Enfin, tu reviens à nous ! s'exclama Lucie.



- J... Julie... répéta-t-elle.



- Elle va bien, ne t'inquiète pas ! la calma Lucie. Manu, va vite lui trouver à boire, elle doit avoir la gorge sèche.



- D'accord ! Je préviens les autres, aussi ! répondit Manu en sortant de la chambre.



- Ah ma Béné, tu nous as fait une belle peur, tu sais ? dit Lucie à son aînée.



- Je... commença Bénédicte.



- Béné !



- Maman !



Toute la famille venait de débarquer dans la chambre, accompagnée de Samir et d'un médecin qui vérifia ses constantes. Julie bondit serrer sa mère dans ses bras. Tous allaient commencer à la presser de question quand Pierre réclama le silence.



- Si on fait trop de bruit, on va tout de suite se faire éjecter de la chambre ! Ma chérie, comment te sens-tu ? demanda Pierre.



- Bizarre... Je... J'ai soif... répondit Béné.



- Tiens, voilà à boire ! lui dit Manu en lui tendant un verre d'eau.



Après avoir bu une gorgée. Béné se tourna vers toutes ces personnes chères à son c½ur qu'elle avait failli ne pas revoir.



- Ma Julie, murmura-t-elle en serrant fort la main de sa fille.



- J'ai eu si peur, maman.



- Que s'est-il passé ?



- On a dû te faire opérer. Tu étais gravement brûlée et ton état méritait les plus grands soins. Surtout que... commença Lucie avant de s'arrêter.



- Que quoi ? demanda Béné.



- Je crois que c'est avec Samir que tu dois parler de ça, ma chérie, répondit Pierre. Les autres, venez, Béné a besoin de repos et ce n'est pas avec un tel troupeau dans sa chambre qu'elle l'obtiendra.





Tour à tour, les soeurs serrèrent Bénédicte dans leurs bras, accompagnant leur geste d'une parole réconfortante. Mamie, Pierre et Julie la prirent eux aussi longuement dans leurs bras, avant de la laisser seule en compagnie de Samir.

- Oh, Béné, quel terrible moment on vient tous de passer ! s'exclama Samir avant de poser plusieurs baisers sur sa main.



- Qu'est-ce qu'il se passe, Samir ?



- Je... Nous... Tu... Tu es enceinte, Bénédicte.



- ... J'ai peine à y croire... Oh, Samir, c'est merveilleux ! Un enfant...



- Ta famille m'a fait prendre une décision difficile, que je ne regrette pas maintenant, mais que j'aurais pu regretter. Cette opération, si tu gardais l'enfant, pouvait être dangereuse pour toi. Laurent voulait que tu avortes, les autres ne disaient pas rien, mais ne devaient pas en penser moins... Je...



- Samir ! C'est la meilleure décision que tu pouvais prendre, je te promets. Ça fait des années que je veux un second enfant. Le fait qu'il soit arrivé maintenant, au si mauvais moment... C'est un signe, et rien de plus ! Je ne te remercierai jamais assez !



- Merci à toi de me permettre ce bonheur... murmura Samir.



Il la prit dans ses bras et la serra contre lui, délicatement, comme si elle était une poupée de cire. Durant de longues minutes, ils savourèrent cet instant, goûtant au bonheur d'être ensemble. C'est Samir qui rompit l'enchantement de l'instant, disant d'une voix douce :



- Tu sais, Bénédicte, ce que je t'ai demandé avant l'incendie... Je le veux toujours, plus maintenant que jamais.



- Je sais que tu le veux. Moi aussi, je veux qu'on se marie. Cela devra peut-être juste se faire plus tôt que prévu, dit-elle malicieusement. Il faut simplement attendre que le divorce soit prononcé.



- Tu ne penses pas qu'il faudrait l'annoncer à ta famille, maintenant ?



- Allons-y.





Quelque temps auparavant, alors que la famille venait de sortir de la chambre de Bénédicte et qu'ils commentaient joyeusement son réveil, Pierre se leva et partit en disant qu'il avait quelque chose à faire.



Quelques minutes plus tard, il frappa à la porte du docteur Forest.



- Docteur Forest, puis-je vous parler un instant, s'il vous plaît ?



- Bonjour docteur Mattei ! Bien sûr, entrez.



- Voilà, il m'en coûte un peu de vous dire ça, mais je suis venu vous remercier, déclara Pierre. Sans vous, Bénédicte ne s'en serait sûrement pas aussi bien sortie.



- Je n'ai fait que mon métier, répondit humblement Alexis.



- Justement, je vous ai sous-estimé. Même si vous vous retrouvez à cette place car vous êtes le fils de Max, je sais maintenant que vous la méritiez et je suis désolé d'avoir été aussi agressif à votre égard.



- Je n'ai rien fait pour améliorer nos relations, je dois bien l'avouer...



- Même si je ne travaille plus ici désormais, laissons les querelles entre votre père et moi de côté, d'accord ? proposa Pierre.



- Très bien...



- Et ce serait bien que ça vaille pour tous les membres de ma famille, ajouta Pierre.





Voyant qu'Alexis ne répondait rien, ne semblant peut-être pas comprendre le sous-entendu, il ajouta encore :



- Je sais que vous manquez à Elise, et je suis persuadé qu'elle vous manque aussi ! Vous devriez avoir une discussion avec elle !



Il y eut un silence. Puis Pierre lança une tape amicale dans le dos d'Alexis.



- Je vous laisse maintenant, j'ai une famille qui m'attend.



- Merci ... Pierre.



- Merci à vous, Alexis !



Et Pierre s'éloigna à grandes enjambées, laissant un Alexis songeur dans son bureau.



Quand il revint dans le couloir où se trouvait la chambre de Béné, Manu lui dit :



- Dis, papa, je te rappelle que l'on n'a pas de logement pour la nuit. Laurent et Julie veulent bien m'accueillir, Lucie et Tom peuvent aller chez Louis, mais toi tu vas aller où ?



- Et pourquoi pas un petit séjour chez sa maman ? demanda Mamie malicieusement



- Et bien voilà, le problème est réglé ! s'exclama Pierre



A ce moment, Samir sortit de la chambre.



- Est-ce que vous pourriez tous venir un instant, s'il vous plaît ? demanda-t-il



Tous acquiescèrent et rentrèrent dans la petite pièce. Bénédicte prit la parole, d'un ton assez faible. Elle avait beaucoup parlé, et même si elle était plus qu'heureuse, la fatigue se faisait de plus en plus ressentir.



- Voilà. Papa, Julie, Mamie, les s½urs... Samir et moi allons nous marier.



Avant toute autre interruption, elle continua :



- Je sais ce que vous pensez, ce n'est pas parce que je suis enceinte que je dois me marier, je suis encore mariée à Laurent, mais cette décision n'est pas prise uniquement en raison de ce bébé. C'est sûr qu'il faudra peut-être accélérer les choses, mais Samir était venu me demander de l'épouser ce jour-là, avant l'incendie...



- Ah, c'est pour ça que tu étais toute bizarre ! s'exclama Elise. Bon, ben, félicitations, en tous cas ! J'espère que vous nous ferez un double mariage avec Lucie et Tom, au moins !



- Elise ! s'indigna Lucie. Bravo s½urette, je suis très heureuse pour toi.



Et s'en suivirent de nombreuses autres félicitations. Béné passa à nouveau de bras en bras, tout comme Samir qui reçut également une chaleureuse poignée de main de Pierre.

Alors que celui-ci allait leur accorder ses félicitations, son portable se mit à sonner.



- Allô ? Oui Agathe. ... Oui, Béné s'est réveillée il y a une petite heure, elle va très bien, merci. ... Si je peux passer maintenant au commissariat ? Très bien, j'arrive.



Il raccrocha.



- Bon, ben les enfants, il va falloir que j'y aille, dit-il. Toutes mes félicitations à tous les deux !



Et il sortit de la chambre.



- Je vais aller voir Tom, annonça Lucie en sortant à son tour.



Peu à peu, les Mattei sortirent, ne laissant plus dans la chambre que Julie, sa mère et Samir.



- Tu ne m'en veux pas trop de me marier avec Samir, ma chérie ? demanda Béné à Julie d'un ton inquiet.



- Il y a quelques semaines, je t'en aurais voulu à mort, maman. Mais ça va aller, même si j'aurais préféré te voir rester avec papa, Samir est un type bien.



- Merci, Julie, dirent les futurs époux en c½ur.





Quelques mètres plus loin, Lucie entrait rapidement dans la chambre de Tom.



- Bénédicte s'est réveillée ! dit-elle, répondant à sa question muette.



Avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit d'autre qu'un soupir de soulagement, elle continua :



- Ecoute, Tom, je sais que je t'ai dit que je prendrais une décision nous concernant quand Béné serait réveillée. Mais le fait, est que c'est le cahot total dans ma tête, il faut que je réfléchisse encore un peu...



- Je t'attendrai, Lucie, tout comme je t'ai déjà attendu. Je crois en nous, dit-il avec conviction.



Lucie déposa un baiser sur sa joue, avant de ressortir de la chambre.



Quand Pierre arriva au commissariat, il fut très vite redirigé vers le bureau d'Agathe.



- Bonjour Pierre, dit-elle.



- Bonjour Agathe, quelle est la raison de cette subite convocation ? demanda-t-il



- Cela concerne l'incendie de votre maison. J'aurais dû vous faire prévenir plus tôt, mais avec Bénédicte en danger de mort, j'ai pensé que vous aviez assez de soucis en tête.



- Qu'y a-t-il ?



- Pierre, cet incendie n'est pas une malheureuse coïncidence, quelqu'un a mis de l'essence dans votre maison et y a mis le feu.



- Oh mon Dieu... murmura Pierre, horrifié.



- Il faudrait que vous nous disiez qui pourrait avoir fait ça. Outre mon père, ajouta-t-elle rapidement.



- Il y a bien ce type que ma famille avait invité, un certain Docka...



- Docka ? Docka comment ?



- Je n'en sais rien, il faudrait demander à Manu, pour ça.



- Je le ferai !



- Je peux y aller, alors ? demanda Pierre.



- Bien sûr, je vous convoquerai ultérieurement.







Alors que Pierre avançait à grande enjambées vers la porte, il commença à vaciller, puis s'effondra par terre. Agathe courut, effrayée, vers lui. Elle se pencha, prit son pouls, essaya de le faire reprendre conscience, mais rien n'y fit.



- Pierre ? Pierre ? Vous m'entendez ? Hey ! APPELEZ LE SAMU !

# Posté le mardi 29 juillet 2008 16:28

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 12:56